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Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Dim 11 Mar - 20:23
Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran


- Nom : Van Tarkil

- Prénom(s) : Lucidà

- Surnom(s) : "La première de la classe", "femme publique", "fille à papa", "la Sorcière de Vandermar"

- Date et lieu de naissance : Lucidà a actuellement le même âge qu'Aegwynn, soit 23 ans

- Genre : Femme

- Race : Humaine née en Lordaeron, de culture dalaranaise prédominante


APPARENCE PHYSIQUE



→ Impression générale du personnage (sur les autres) :


- Morphologie (Corps, visage) : De taille fine et de physionomie assez frêle. La force de son charme réside dans ses yeux d'un brun intense et ses lèvres délicates qu'elle rehausse d'un violet gourmand.

- Couleur de la peau : Beige

- Yeux (Forme/Couleur) : En amande, d'un langoureux marron foncé.

- Chevelure (Type de cheveux, couleur, coupe portée): Longs, volumineux et abondants, coiffés en toutes circonstances de façon sophistiquée.

- Modification(s) corporelle(s) (Piercing, tatouages, cicatrices) : Aucunes aperçues


→ Style vestimentaire :


- Dans la vie de tous les jours : Des parures richement brodées de passementeries soyeuses, enluminées de couleurs chamarrées et toujours assorties avec son inséparable tabard du Kirin Tor.

- Au combat : L'un de ses innombrables accoutrements de sorcière patentée du Kirin Tor.

- Bijou(x) porté(s) : Rares sont ceux qui ont aperçu le médaillon qu'elle dissimule sous son tabard ; un esprit de rédemption, ciselé dans un métal rappelant le vrai-argent.

- Autre(s) objet(s) qu'il/elle a toujours avec lui/elle : Son tabard à l’œil omniscient du Kirin Tor.


CARACTÈRE / GOÛTS/ASPIRATIONS



- Caractère : Au premier abord, Lucidà s'avère comme le genre de jeune femme issue de la noblesse typiquement insupportable. Ses airs prétentieux, précieux et extravagants peuvent en rebuter plus d'un, mais comme l'adage des sorciers le dit si bien, "les apparences sont parfois trompeuses".

- Adjectifs qui viennent tout de suite : Capricieuse, farfelue, maniérée, apprêtée, féminine, aristocrate, altière, autoritaire, arrogante, offensée, caractérielle.

- Talent(s) : Sa compréhension et son appropriation théorique de la magie en font une arcaniste convenable sur le champ de bataille, mais son manque d'expérience pratique est flagrant. En outre, elle était très attentive à ce que lui racontait son père sur les us et techniques du maître d’œuvre, et l'espionnait parfois dans son bureau tandis qu'il dessinait à main levée des croquis sur sa table de dessin. Cela l'a rendu familière avec le métier mais sans en faire bien sûr une experte.

- Gestuelle : Elle n'est pas économe de manières qui lui permettent d'accaparer l'attention et d'être au centre de toutes les conversations.

- Sa(ses) peur(s) la(es) plus profonde(s) : Devenir une laissée-pour-compte, être écartée des centres de décision et se voir refusée à jamais le droit de déterminer la marche du monde.

- Motivation(s) : Devenir une sorcière de renom, remballer les mauvaises langues et moucher ceux qui la dédaignent, mais apposer aussi son empreinte sur Azeroth à la manière des vieux archimages des temps anciens et qui sait, siéger un jour au Conseil des Six.

- Plus grande force : Lucidà est naturellement intriguée par les arts, les sciences et les arcanes, et de façon générale toutes les variétés de sujets et leur palette de subtilité. La gamme de conversations qu'elle est capable de tenir est vaste, témoignage certes de son éducation de noble mais aussi de cette appétence de savoir.

- Plus grande faiblesse : La chute de Vandermar et la trahison de son père n'ont pas épargné Lucidà. Derrière ses airs enjoués et sa pétulance juvénile, elle dissimule une blessure encore vivace qui n'est pas prête de se refermer. De plus, sa curiosité obsessionnelle l'a déjà amené à explorer des domaines jugés sensibles par le Kirin Tor, voire même interdits...


→ Goûts :


- Passion(s) : Les sciences arcaniques, physiques, botaniques et mathématiques, mais aussi l'architectonique, l'urbanisme et les arts ; enfin, une multitude d'autres sujets, car sa soif de connaissances est insatiable.

- Livres appréciés : Manuels scolaires de toutes sortes, grimoires antiques d'histoires sur la magie, recueils de sortilèges, essais et thèses d'archimages et de sorciers célèbres, la plupart des livres interdits par le ministère des Universités et de la Recherche magique et des romans à l'eau de rose.

- Goûts gastronomiques particuliers ? : Lucidà a depuis toujours un goût prononcé pour les spaghettis al dente au saumon et au parmigiano.

- Activité(s) artistique(s) : Les arts la fascinent et en son for intérieur, elle sait qu'elle aurait aimé leur dédier sa vie, mais l'étude de la magie est si attractif qu'elle les estime comme une perte de temps.

- Sport(s) : Tout ce qui exige des efforts physiques et peut abîmer sa toilette ou ses vêtements est à bannir.

- Lieu(x) favori(s) : Autrefois, lorsque la solitude et la mélancolie lui tenaillaient le cœur, Lucidà se rendait à un antique belvédère au bord d'un lac aux eaux placides, abandonné et oublié dans la campagne d'Hautebrande depuis des siècles. Là-bas, elle réfléchissait longuement sur le sens des choses et la vérité - sa propre vérité - qu'elle en déduisait pour justifier ses actes futurs.


→ Aspirations :


- Son(ses) rêve(s) : S'élever dans les hauts échelons du Kirin Tor et de la société humaine, ou même de l'Alliance en général. Si sa loyauté à l'endroit du royaume magique n'est pas discutable, elle aspire à se servir de ses ressources pour ses propres intérêts, c'est-à-dire devenir une archimage de renom et marquer cette époque de son empreinte.

- S'intéresse à : (Politique ? Actualité ? Mode ? ...) Indiscutablement aux futilités de la mode Hurleventoise - puisque l'état des royaumes du nord n'est pas vraiment compatible avec ces légèretés - , à la magie arcanique bien sûr, mais aussi aux arts dont l'architecture notamment. Contrairement à ce que ses ambitions laissent supposer, Lucidà n'a pas accordé d'intérêt particulier à la politique de l'Alliance de ces-dernières années, ni même celle d'avant-guerre - à dire vrai, elle a été du genre à se cloîtrer dans une tour de Dalaran et à apprendre l'arrivée du Fléau seulement deux jours avant l'assaut qui coûta la vie à Antonidas.

- Philosophie : "La connaissance est synonyme de pouvoir".

- Religion : Culte de la Lumière et dévotion sans borne envers la secte du Kirin Tor

- Projet(s) : Mener à bien la tâche que lui a confié madame Avian bien sûr, mais aussi appuyer les machinations d'un certain apostat, et apprendre de cet homme qui la trouble les rouages de cette "basse politique" qu'elle ignore.


MÉDICAL / PSYCHOLOGIE



- Santé/Hygiène : Lucidà se toilette plus d'une heure le matin, durant laquelle elle se lave longuement avant de se pomponner, de se farder de pourpre les paupières et de souligner les courbes de ses yeux et de ses lèvres en chantonnant gaiement. Ceci fait, elle brosse son abondante chevelure mordorée et la coiffe selon ses fantaisies du moment.

- Allergie(s) : Elle s'est persuadée d'être allergique aux salissures, à la laideur et à la bêtise.

- Handicape(s) : Aucun

- Alimentation : Équilibrée, car Lucidà prend garde à manger ses sept fruits et légumes réguliers par jour !

- Sommeil : D'au moins 8 à 9 heures si elle n'est pas réveillée avant.

- Addiction (tabac, alcool, drogue ? produit alimentaire ?) : Addiction au maquillage

- Médication(s) particulière(s) ? : Aucune connue

- Relation à l'ordre et à la propreté : Intransigeante. Là où Lucidà passe, la saleté trépasse.

- Autre(s) chose(s) à signaler : /


→ Psychologie :


- État psychologique général : Extérieurement, elle paraît assurée, déterminée et ne souffre aucune contestation - une marque caractéristique sans doute du rang qu'elle occupait en Lordaeron.

- Trouble(s) du comportement ? : (TOC/Manie ?) Lucidà tripote les bords de son chapeau rapiécé et palpe ses coutures grossières dans les moments d'ennui et de désœuvrement.

- Niveau de nervosité général : Ce n'est pas dans son tempérament d'être énervée en permanence - juste tyrannique, parfois.

- Niveau de violence général (Capable de violence ? meurtre ? d’autodestruction ?) : Lucidà est du genre à vouloir en découdre lorsqu'elle est calomniée ou que son honneur est bafoué. Une influence extérieure saurait néanmoins l'influencer pour qu'elle garde son sang-froid et reste digne face à ses détracteurs.

- Phobie(s) : Elle regarde toujours autre part lorsqu'il y a un cadavre.

- Relation à l'argent : Dépensière à outrance, l'argent fond comme neige au soleil dans ses bourses.

- Relation au travail : Impliquée, elle a le goût de la "chose bien faite".

- Relation à la mort : Horrifiée mais à la fois fascinée ; elle oscille entre l'épouvante que suscitent en elle ses derniers souvenirs au château de Vandermar, sa confrontation avec le culte des damnés et leurs ignominieuses créations, mais aussi la recherche perpétuelle d'en savoir plus et de comprendre tous les rouages de la magie.

- Vision globale de lui-même : L'hésitation est bien ce qui la caractérise quand on gratte en surface son masque d'orgueil ; l'hésitation entre la voie à emprunter, entre l'attitude à adopter, entre ce qui mérite ou non d'être considéré, entre telle ou telle nuance de fard à paupières, entre un dessert gourmand et un autre diététique... Bref, Lucidà en est encore à cette passe de sa vie où elle n'est assurée de rien, croit que tout reste à faire et que malgré les airs qu'elle se donne, elle n'est qu'une jeune fille qui a pour seule richesse ses bottes rose criard hors de prix.

- Autre(s) à signaler :


CADRE FAMILIAL



- Origine(s) : Lordaeronnaise de Vandermar

- Père/Mère/Frère/Soeur/Enfant /Oncle-Tante/Grands-parents : Cecyl Van Altheim (mère, décédée), Aurelian Van Tarkil (père, présumé décédé)

- Relation amoureuse : Lucidà guignait ouvertement sur Soap dernièrement, plus encore que d'accoutumée.

- Ami(e)(s) : Aegwynn, Daria, peut-être Gauwainn aussi, sa relation avec lui s'assimilant plus au jeu du chat et la souris.

- Autre(s) : La dame Farnese l'insupporte au plus haut point. Lazslo est un partenaire dont elle s’accommode bien, mais elle déteste Claira, sans plus savoir qui de l'une ou l'autre a commencé la première. Elle éprouve aussi un grand respect envers Pallegina et Henri, quoique saupoudré d'une once de crainte à l'égard de ce dernier.

- Personne(s) la(es) plus importante(s) pour lui/elle : Peut-être Aegwynn actuellement.

- Autres à signaler : Elle donne l'impression d'avoir beaucoup aimé son père.


RELATIONNEL



- Comportement général vis à vis d'autrui : Condescendante, hautaine ou dédaigneuse par défaut avec les étrangers de basse extraction, acide et virulente contre ceux qui lui déplaisent, docile avec ceux qu'elle ne peut pas contester.

- En société en général : Fantasque, baroque, se mouvant avec force gestes inutiles et compliqués, rigolant à gorge déployée comme une bécasse.

- Avec la famille/les proches : Le seul exemple que représente Aegwynn prouve qu'elle sait néanmoins faire preuve d'affection et d'empathie.

- Au travail : Concentrée et sérieuse, presque hystérique lorsque les choses lui échappent.

- Comportement sur le plan affectif : Certainement compliqué !

- Orientation sexuelle : Hétérosexuelle

- Relation au sexe : Lucidà se pavane parfois avec obscénité, jouant de son corps et de ses atouts féminins pour appuyer ses propos grivois.

- Comportement dans une relation amoureuse : Inconnu

- Niveau de facilité d'attachement : Manifestement ardu, mais sa seule amitié avec Aegwynn est très solide


CADRE ET MODE DE VIE



- Habitation : Tente qu'elle s'acharne à rendre plus confortable

- Pays / Ville : La colonie

- Personne(s) avec qui il/elle vit : Aegwynn quand l'une se glisse discrètement dans le lit de l'autre pour bavasser toute la nuit

- Animal(aux) de compagnie : Aucun

- Autre(s) à préciser : /

- Vie quotidienne : Après s'être levée aux alentours de 8 ou 9h00, Lucidà se bichonne, se pomponne et s'apprête jusqu'en milieu de matinée au moins, puis elle avale un petit-déjeuner frugal avant de se rendre à l'hôtel de ville où elle rejoint Lazslo pour un compte-rendu de la veille et des priorités à venir. Elle bûche ensuite sur ses croquis et se documente sur son nouveau métier jusqu'en début d'après-midi, mange un déjeuner assez copieux avec les retardataires - c'est-à-dire Aegwynn la plupart du temps - , et retourne à ses occupations jusque tard le soir. Lorsque son esprit est trop embrouillé par la multitude d'informations venant d'un bout à l'autre de la colonie et qu'elle a besoin de se recentrer, elle abandonne tout d'un coup et tente de se focaliser sur le sortilège que lui a montré Nynias et de le maintenir le plus longtemps possible en gaspillant un minimum de mana. C'est avec les idées plus claires qu'elle s'attèle après à la tâche, son imagination revigorée puisant dans les réminiscences de sa magie. Elle ne retourne à sa tente que lorsque la nuit est bien entamée, et après s'être lavée le corps et démaquillée, elle avance ses lectures à la lueur d'une bougie, s'endormant parfois le nez dans ses livres.

- Passe-temps, occupation(s) : Son emploi d'architecte, son autoformation continue de magicienne et reluquer les garçons costauds - surtout ceux à la peau d'ébène - qui s'entraînent.

- Habitude(s) particulière(s) : Il est rare qu'on la trouve sans une pile de livres dans les mains et un carnet voletant autour d'elle, accompagné d'une plume à laquelle elle dicte des notes à la volée.

- Membre d'une association ? : Elle est maître des œuvres de la colonie d'Odyssée et aussi une sorcière loyale au Kirin Tor

- Autre(s) à préciser : /


DOMAINE JUDICIAIRE



- Infraction(s) commise(s) et peine(s) purgée(s) : Soupçonnée d'avoir manipulé des magies immondes par des mages du Kirin Tor


Dernière édition par Lucidà le Mer 28 Mar - 10:38, édité 20 fois
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Dim 11 Mar - 20:44
Obtient le trait : "Je ne vais pas me laisser faire !", quand un allié réalise un coup critique, les chances de coup critiques de Lucidà au sort augmentent de 30.

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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Mar 27 Mar - 10:48
Fiche terminée et mise à jour avec les derniers évènements.
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Lun 14 Mai - 10:02
Lucidà Van Tarkil : Statistiques





Héros tiers 1 Intelligence : Archétype arcane

Caractéristiques primaires : Force : 4 ; Agilité : 5 ; Intelligence : 6

Attaque en mêlée :  (?)

Sorts offensifs : 4-14 (Arcane) (+1 grâce à l'intelligence, +1 grâce au chapeau et +1 grâce à l'orbe)

Armure : Armure légère (Tissu)

Arme : Bâton à deux mains

Objets :
- Chapeau d'Alisha Loire :
Équivalent d'un capuchon d'astuce (+1 dégâts des sorts, +10 jet de sauvegarde réflexe), mais cumulable avec l'orbe d'arcaniste. Quand Lucidà perd des pv, annule le temps de recharge de transfert.
- Orbe d'arcaniste (représenté par le cristal au bout de son bâton) :
Augmente les dégâts des sorts de 1
- Amulette de courage (représenté par son médaillon) :
Augmente le jet de sauvegarde intelligence de 10
- Potion de soins :
Rend 4-10 PV
- Potion de mana :
Bonus de 1 à la prochaine table de dégât des sorts ou soin, réduit tout les CD en cours de 1, bonus au rand d'action de 10

Attributs : 26 PV et 3 PA

XP : 62 et 1 bloquée

Lucidà Van Tarkil : Talents d'archétype


Trait de personnage : Masse critique
Quand Lucidà obtient un coup fatal contre une cible, elle peut rejouer instantanément, cumulable à l'infini.

Trait d’Archétype : Charge arcanique
Tiers 1 : A chaque sort lancé, le personnage gagne une charge arcanique. Une charge confère 2 point de dégât bonus, cumulable 2 fois. Une fois chargé au maximum, tout sort supplémentaire augmente de 5% les chances de coup critique, réussite comme échec. Un échec critique fait disparaitre toutes les charges.
Tiers 2 : Peut cumuler 4 bonus supplémentaire de dégât, mais la surcharge commence bien à partir de la troisième.
Tiers 3 : Le bonus de dégât passe à 3.


Palier 10
Chargé à bloc : Action chargé remplit directement les charges arcaniques

Palier 40
Transfert réflexe : Le personnage peut sur un jet de sauvegarde agilité utilisé son transfert pendant le tour ennemi, échappant à une Aoe ou la charge d'un ennemi, déclenchera le CD du sort

Lucidà Van Tarkil : Talents raciaux


Palier 20
Spécialisation épée : Augmente les dégâts à l'épée de 2

Palier 40
Perception : Augmente les jets de perception hors combat de 10


Dernière édition par Lucidà le Mar 10 Juil - 8:49, édité 2 fois
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Lun 9 Juil - 13:39
Journal de Lucidà


Expédition en Alterac : jour 2, celui suivant notre arrivée



A peine cette mission a-t-elle commencé que mon indécision revient de plus belle au galop. Je ressens le besoin impérieux de coucher sur écrit ces pensées qui m'assaillent, des plus égoïstes aux plus lumineuses.

Je suis heureuse de pouvoir faire mes preuves - que ce soit pour Odyssée, mais aussi pour moi-même - et je n'attendais certainement pas que ce serait facile, mais Albèrich a raison : dès l'instant où j'ai posé les pieds à Alterac, j'étais confrontée à faire des choix. Et moi qui ai eu l'arrogance de croire que je traverserais les manigances des uns et des autres, comme un poisson qui se faufilerait miraculeusement entre les mailles d'un filet ! Il faut dire que tout n'est animé que par un nom, les Sombre-Crocs, et une déduction, leur appartenance au Syndicat, ce qui frôle la folie lorsqu'on s'arrête une minute pour considérer l'affaire. Mais nous n'avons que ça, et je ne peux pas souffrir de rester les bras ballants à la colonie en imaginant toutes les horreurs que subissent nos amis !

Lorsque Albèrich a conjuré son sortilège de divination pour espionner Beve, j'étais sur le point de lui demander d'arrêter - c'est un procédé indécent et terriblement inconvenant - cependant la curiosité a outrepassé la morale et j'ai fini par assister à cette vision. Et quelle vision pitoyable ! ma pauvre marraine, humiliée, bafouée par cet homme qui la méprise et se repaît du malheur de sa propre chair, son fils. Je la plains et j'aurais pleuré avec elle, je crois, si je n'avais pas vécu le passé douloureux qu'est le mien. De surcroît, je ne peux que comprendre sa détresse, car sans la tiare, elle serait finie face à Aliden. Compatissante, rattrapée par des souvenirs d'amitié encore vivaces, j'ai accepté sans conditions de l'aider, je l'admets - mais il n'y a pas que ça. En cet instant, le pouvoir que je détenais était grisant, enivrant ! Avec un oui, je taisais les frimas dans ses prunelles glacées ; je nous fabriquais une alliée ; je nous mêlais à une lutte d'influence dont on pouvait ressortir grandis ; et qui sait, je nous inscrivais dans l'histoire de ce royaume en faisant un roi ! Les cloches raisonnaient déjà dans ma tête, je nous voyais triomphants, posant presque la tiare sur la tête de Zéphiel... - et dans tout ça, j'en ai oublié de consulter mes camarades. Est-ce ça aussi le défi d'un dirigeant ? Savoir se tempérer, se faire conseiller ? Mais comment satisfaire toutes les opinions ? Est-ce seulement possible ?

Forde et Lianae ont eu raison de me ramener sur terre ; j'ai été imprudente en mentionnant Odyssée, c'était accorder trop de confiance à Beve alors qu'elle n'est peut-être plus la même Dame, sincère dans ses sentiments, que j'ai connue. Je me dois d'être plus prudente, il y a trop en jeu pour que je garde ma posture de magicienne naïve et un peu béate. Quelque chose élance mon esprit cependant, comme une écharde que j'aurais au bout du doigt et dont je peinerais à me débarrasser : si je n'avais pas été si franche avec elle, quelle attitude aurais-je dû adopter ? A quel point aurais-je dû profiter de sa détresse pour la contraindre à nous renseigner ? Je crains que je n'ai pas le cœur à saisir si... non pas méchamment, mais pragmatiquement de telles opportunités. Pourtant, n'est-ce pas l'apanage d'un dirigeant que d'agir dans l'intérêt suprême des siens, même si cela doit se faire au détriment des autres ? Et si c'était ça, finalement, l'épreuve ultime du dirigeant : renoncer à sa conscience au nom du plus grand bien ?

J'en reviens à mes questionnements au moment le moins opportun. Heureusement, Albèrich est ici et sa présence me rassure. Le revoir physiquement ne fut pas un feu d'artifice d'élans amoureux et de palpitations enflammant mon corps comme je l'avais soupçonné, mais plus un heureux sentiment d'être à nouveau entière... mais là encore, je suis pleine de contradictions ! Je refuse que tout lui soit dû et que je ne récolte pas quelques lauriers de cette mission ! Bien sûr, la gloire et la reconnaissance ne sont pas du tout mes objectifs, j'ai monté cette expédition, avant tout, pour sauver nos amis. Mais comment pourrais-je me regarder dans une glace si je savais en mon for intérieur que j'ai pipé les dès ? Moi, Lucidà Van Tarkil, je dois être forte de résultats, un roc d'assurance au milieu de la tempête que nous traversons sur lequel Odyssée puisse compter ! Ce n'est que comme ça que je cheminerai vers les sommets qu'a atteints Albèrich. Pourvu seulement que Aegwynn n'apprenne pas à quel point il a amélioré sa maîtrise de la magie. Je ne veux pas être tiraillée entre lui et Odyssée - non, je ne pourrais définitivement pas tolérer ce chantage...
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Mar 10 Juil - 14:41
Journal de Lucidà


Expédition en Alterac : jour 3, avant de partir au château de Desmond Apraksine



Dans quoi nous ai-je embarqués ? Calme et focus, voilà les maîtres mots auxquels je m'emploie à rester fidèle, mais l'ampleur que prend cette expédition commence à m'effrayer.

J'ai besoin de prendre des notes et de récapituler ce que l'on sait : il y a tout d'abord ma marraine, Beve, qui prétend savoir quelque chose qui nous sera utile contre l'Enclave. Elle a tout particulièrement réagi lorsque j'ai mentionné les Sombre-Crocs - ces mêmes criminels qui ont failli tuer Forde il n'y a pas deux heures. Loyd et Linus nous ont attaqués à vue en affirmant qu'une femme, Sonia, nous a désignés comme les ennemis suprêmes à abattre. Cette Sonia a une fille, Eidre, qui a soigné Jaffar, le même qui aurait tué Eileen sans l'intervention de l'orc de l'Enclave, Graur. Le prénom que Sonia a donné à sa fille est apparemment une référence à la fiancée du premier gardien Alodi ; je ne connais pas son histoire mais Albérich a l'air d'accorder beaucoup d'importance au symbole, donc ce n'est sûrement pas un hasard. Cela nous a permis de supposer que Sonia est au moins une mage, plus probablement une sorcière de la Veille d'Argus. De plus, ces démonistes sans scrupules ont des espions chez Beve que je crois à la solde de Sonia. Maintenant, Linus et Loyd sont convalescents car on a essayé de les supprimer avec une fièvre magique, sûrement parce que cette garce a appris qu'ils sont tombés entre nos mains. Avant de s'écrouler, les deux Sombre-Crocs nous ont dit que nous trouverions des réponses au château du mari de Beve, Desmond Apraksine.

Je crois que je l'ai bien caché jusqu'ici, mais je bous de frustration : c'est à en oublier la raison de notre présence en Alterac - remonter la piste des Sombre-Crocs vers l'Enclave - et le vol de la tiare des Perenolde ! J'ai beau réfléchir sans relâche depuis tout à l'heure, rien n'y fait, je suis au pied d'un mur immense et lisse que je ne peux espérer escalader qu'en creusant de force mes propres prises. En plus, il se pourrait que ce soit ma faute si la marâtre de Sonia sait qui nous sommes et qu'elle veut nous éliminer, même si Albèrich pense qu'elle connait notre identité depuis longtemps. La seule conclusion que je suis en mesure d'affirmer, c'est que les Sombre-Crocs ne sont qu'un pion sur l'échiquier des factions qui s'affrontent ici, et qu'ils finiront par en pâtir s'ils ne s'en émancipent pas. Kaminski et Tu'pak sont d'accord, Forde et Dryden me désapprouvent et je sais qu'ils me jugent trop crédule. Le groupe est désuni à ce sujet, mais je veux tenter de raisonner Lloyd et Linus pour qu'ils comprennent que nous n'avons rien contre eux ; au contraire, s'ils nous aident à récupérer la tiare, Zéphiel, ce garçon prodige que le peuple adore, deviendrait le nouvel héritier en titre d'Alterac ! N'est-ce pas dans leur intérêt d'en finir avec la noblesse dépravée ?

Je dois surveiller l'heure, il ne faut pas que nous tardions. J'ai l'esprit échauffé et je ne trouve aucune réponse à rien. Je jette parfois des regards dans l'orbe de vision d'Albèrich et je vois Eidre aux petits soins de cet autre garçon, tous les deux si jeunes. J'ai peur que quelque chose ne flétrisse en moi si je ne réussis pas au moins à semer les graines d'un avenir plus doux derrière nous. L'idéal d'Odyssée s'est toujours voulu ouvert aux autres, alors pourquoi devrions-nous y déroger cette fois-ci ? Forde et Dryden attendent-ils de moi que je sois plus soucieuse de notre réussite, même si c'est en dépit de considérations idéologiques ? C'est vrai que je ne suis pas un exemple d'objectivité, car dès que j'ai entendu parler de l’œuvre des Sombre-Crocs en Alterac, je les ai appréciés. S'il y a avait eu des gens comme eux en Lordaeron, mon père serait devenu le maître d’œuvre royal et l'Archimage Heigan n'aurait jamais... <La phrase s'arrête brutalement ici>
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Jeu 12 Juil - 12:35
Journal de Lucidà


Expédition en Alterac : jour 3, pendant une courte pause sur le chemin du presbytère


Je ne trouve pas les mots pour décrire l'horreur qui me saisit. Encore maintenant, je cache mes mains tremblantes sous mon manteau pour ne pas que les autres les voient. Je dois être un roc pour eux, la chef qui les mènera vers la lumière au bout du tunnel ; et quel tunnel, d'une noirceur que je n'avais pas connue depuis...

Oui, depuis Lordaeron. Sans nul doute, je me voilais la face en me croyant l'héroïne d'une chanson de geste ; celle qui, d'un tour de main, honorerait la confiance d'une amie, placerait un roi sur le trône d'Alterac et sauverait ses camarades au passage. J'ai été insupportablement arrogante. Cette réalité qui se déroule autour de nous n'a rien d'un conte de preux chevaliers ou d'une histoire de brigands au grand cœur. Naïve, sotte et crédule, indécrottable nigaude : voilà où tu nous as menés. Mais ce n'est pas tout, car le pire, sans doute, est que je me mens à moi-même en brandissant une supposée vertu à laquelle je ne peux plus prétendre depuis longtemps. Lorsque je vois Eidre, je me vois moi, empêtrée dans la toile d'araignée du culte des damnés, le cœur encore gros de la mort de ma mère, et l'Archimage Heigan qui me pétrissait peu à peu avec ses mains véreuses dans le même moule que ses suivants. Cependant Eidre ne peut concevoir la turpitude de sa mère, l'abjection de son environnement ; elle est honnête, elle ne calcule rien, alors que moi, aujourd'hui, tous ces bons sentiments dont je m'affuble sont de la poudre aux yeux, une parure rutilante qui dissimule ma laideur. Si j'avais été réellement pure, j'aurais résisté à la tentation !

Qui est Limstella ? Pourquoi son protecteur nous a-t-il été attaqués ? Que va-t-il advenir d'elle à présent ? Pourquoi Desmond est-il si cruel avec son fils ? Et Sonia, si abjecte avec tout le monde ? Que désire son maître, le seigneur Nergal ? La couronne d'Alterac ? Régner sur des ruines, accabler son peuple de désespoir et d'affliction ?

Tous ceux là... et tous les autres encore, innocents ou expressément coupables, qui pâtissent de ces tragédies successives ; y a-t-il réellement de l'espoir pour Alterac ? Ne faudrait-il pas, en vérité, détruire Alterac pour refonder autre chose de nouveau ? Je ne sais pas, et je me perds dans des raisonnements philosophiques qui ne servent à rien. Je sais juste que si je crois encore un peu au secours de mon âme, je dois mettre un terme au complot de Sonia - mais qu'arrivera-t-il alors à la petite Theodora, si Beve triomphe sans conteste ?...

J'ai joué contre plus fort que moi, contre la condition humaine elle-même ; Forde avait raison depuis le début.
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Lun 16 Juil - 15:53
Journal de Lucidà


Expédition en Alterac : la traversée du retour



Et maintenant ?

Certes, nous avons le vent en poupe. Le navire Odyssée vogue à nouveau sur l'océan de l'espoir avec l'un de ses matelots prisonniers remonté à bord. Je devrais être heureuse et ne plus me poser de questions ; pourtant, je ne peux pas m'empêcher de songer à l'avenir avec une pointe d'appréhension.

Tirer au clair ce qu'il s'est passé me demandera des jours, et je suis certaine que des détails apparemment anodins m'auront échappé. Le Prince et son espion nous ont bien roulés dans la farine, ça me frustre de l'admettre et je m'en veux de ne pas avoir découvert plus tôt le pot aux roses avec ma soi-disant marraine. Savoir que j'ai été un pion moi aussi sur l'échiquier des importants... quelles que soient leurs intentions, je ne peux pas me pardonner d'avoir été si aisément manipulable. Je me dis au moins, pour me rassurer, que le Prince Zephiel a pleinement conscience des réalités pour survivre, et qu'il a l'intérêt de ses gens en tête de liste de tous ses devoirs.

La conscience des réalités. Est-ce comme une balance dans laquelle on jetterait pêle-mêle le bien et le mal, et à force de combinaisons, on s’accommoderait de telle quantité de l'un et telle de l'autre ? Quel raisonnement faut-il tenir alors pour arriver au bon mélange ? Faut-il s'appuyer sur un ordre immuable de priorités ? et si la première doit écraser les autres, s'y résigner et avancer coûte que coûte ? Pendant trois ans - non, depuis la disparition de mon père en vérité - je me suis enfermée dans ma tour d'ivoire et j'ai refusé de tirer des enseignements du passé ; oui, la réalité est ainsi faite qu'elle est cruelle et ne souffre pas les effusions de probité et de vertu - pas quand on aspire au pouvoir.

Archimage, sénatrice, comtesse, dirigeante d'Odyssée... commandante de l'Alliance. Que ferais-je d'un seul de ces titres ? Tout en moi me pousse à prendre les commandes et à m'imposer sur le devant de la scène, mais quel usage ferais-je de cette autorité ? Le pouvoir, qu'il soit magique ou politique, doit servir à déverrouiller des portes et à cheminer vers un but plus grand ; mais quel but ? Albérich, lui, l'a trouvé et il progresse pas à pas, années après années. Je devrais être fière de ce que j'ai accompli, mais je ne me suis jamais sentie autant à la traîne. Que dois-je faire de plus pour savoir où est ma place ? Quand obtiendrai-je satisfaction pour moi ?

... cependant, il n'est pas question que de moi. Tout au long de cette expédition, pour la première fois de ma vie, j'ai assumé des responsabilités qui ont dépassé mon unique personne. Chacun de ceux qui ont accepté de me suivre a été admirable ; Forde n'a pas toujours été d'accord avec moi, mais cela ne l'a pas empêché d'être fort de propositions et de s'élancer en premier contre nos adversaires, au mépris du danger ; Tu'Pak a le mérite d'avoir été une voix apaisée, même au pire des moments, et je lui en suis grée pour cela ; Lycia n'a pas été la moins en peine au milieu du chaos de sa patrie, si tristement réduite, mais elle ne s'est pas défilée et elle est restée avec nous jusqu'au bout ; Albérich, son instinct et sa magie ont été une véritable bénédiction qui nous a évité bien des peines et surtout, nous a menés vers l'issue qui était, je crois, la plus heureuse ; Lindarn s'est vaillamment battue et bien que je ne la connaisse pas vraiment encore, elle est une sorcière... intéressante, qui n'est pas sans me rappeler Lime sous certains aspects ; et Eidre...

Eidre était une apparition miraculeuse, le reflet de la pureté de mon âme que j'ai perdue en Lordaeron. Comme le dit si bien Forde, elle est l'unique véritable flocon qui méritait d'être préservé. Ce qu'elle a découvert sur ses origines est terrible, et la mort de Jaffar ne cessera probablement jamais de la hanter. Peut-être que son âme a été irrémédiablement entachée par la faute de cette marâtre ignominieuse qu'était Sonia, mais je veux croire que je serai pour elle, si ce n'est pas une mère, au moins une grande sœur de substitution - et que, comme le tuteur aide la jeune pousse à s'élever et, le dépassant, à frémir un jour sous les rayons du soleil, je ferai d'elle une magicienne talentueuse, irréprochable dans ses conjurations... fière de son nouveau nom.

Mais le devrais-je ? Comment le prendrait-elle ? Pourtant, si je veux chasser les prétentions de maître Celiora, il va falloir que je redouble d'ardeur face à lui. Suis-je arrogante de croire que je suis la seule mieux placée pour la comprendre, lui enseigner les rudiments de la magie ; enfin, l'aimer tout court comme un membre de ma propre famille ? Vais-je trop loin dans ce que je crois être de la bienveillance ? Est-ce que je le fais vraiment pour elle, ou pour moi ? Une chose doit être claire et poser les bases de tout ce qui suivra : je ne veux pas qu'elle se sente enchaînée à moi, je veux qu'elle puisse me stopper net, car je sais que je peux être étouffante, même tyrannique, si je ne suis pas freinée dans mes ardeurs. La dernière chose que je désire est de ressembler à Sonia, qui n'avait plus rien d'humaine avec son sang noir semblable à du goudron et sa chair qui se liquéfiait, comme si son cœur n'avait jamais été qu'une fournaise qui la rongeait peu à peu de l'intérieur.

Je rentre, armée de la certitude d'avoir bien agi. C'était bien de ne pas tuer Loyd et Linus ; c'était bien de ne pas révéler la traîtrise de Desmond à Beve pour que Zéphiel et la petite Theodora continuent d'espérer leur famille unie, même si ça s'avère être une chimère ; c'était bien de nous démener, quitte à risquer notre propre vie, pour secourir Eidre ; et enfin, tout cela était bien, car nous revenons avec Lockna et des réponses sur l'Enclave, ce que j'avais perdu de vue tant je m'étais impliquée dans cette histoire.

Et maintenant ? Maintenant, je vais arranger ma maison pour y aménager une seconde chambre. Je me demande si Albérich acceptera que nous partagions notre vie avec Eidre...
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Jeu 19 Juil - 10:32
Journal de Lucidà

Tard dans la nuit, après l'escarmouche désastreuse contre les mercenaires


Je croyais que je laisserais mes interrogations derrière moi, loin à l'est en Alterac, mais elles me poursuivent jusqu'ici au sein même de notre foyer.

J'ai passé la fin de la journée et toute la soirée avec Eidre. Je me suis oubliée à partager un rare moment de complicité avec elle - elle, dont je ne veux pour elle que du bien. Je n'avais pas autant conscience de ma détresse morale avant, mais depuis qu'elle est là, je sens bien que sa présence est salvatrice pour mon âme. D'une façon bien différente qu'Albérich, mais à la fois pleine de similitudes, Eidre comble un vide en moi, comme s'il y avait des trous dans ma poitrine et que je ne pouvais pas être réellement complète sans eux deux. Était-ce pareil avec mon père ? Les années passant, j'ai oublié ce que c'était d'être une jeune fille que l'on comble d'attentions. Je n'ai plus qu'un souvenir diffus d'une figure que je vois à travers un écran de brume, mais qui me paraît douce et bienveillante.

Où est Ross ? Felix s'est-il remis de ses blessures ? Est-il à leur poursuite ? Les a-t-il tués ? Ou bien a-t-il tué seulement les mercenaires ? Ou l'avons-nous, nous, si grièvement blessé qu'il agonise quelque part ?

Les suspicions que je nourris sur tout depuis notre retour d'Alterac m'ont d'abord poussée à me méfier de Félix, mais ce n'était pas la bonne approche. J'aurais dû essayer de le comprendre lui, de mieux saisir ses motivations, avant de le juger d'emblée. Le pire, c'est que j'ai baissé ma garde ensuite, pour que nous soyons poignardés dans le dos une fois de plus.

... mais était-ce vraiment une trahison ? Il ne nous a pas trompé sur leurs méfaits, et il n'a fait aucun mal à l'un d'entre nous. Son unique mensonge portait sur leur inflexibilité à la discussion. Il voulait s'assurer que nous n'engagions pas des pourparlers pour que nous les éliminions tous. Étant donné leurs méfaits, ne pouvions-nous pas nous arroger le droit de décider de leur trépas ? N'aurait-ce pas été mieux pour tout le monde que nous nous en débarrassions ? Mais la Lumière ne nous demande-t-elle pas de nous souvenir que nous devons la justice à tous, et même aux derniers des hommes ?

Ce que Ross a dit est vrai, c'est une vie terrible qu'il a dû avoir pour en arriver à une telle rigueur de pensée et de procédé. A présent, je veux comprendre. J'ai besoin de réponses pour moi-même car je sens que ça me déterminera si profondément que mon avenir en sera bouleversé. Comment être à la fois une personne de bien et un dirigeant honnête et efficace pour les siens ? Jusqu'à quel point le dirigeant respecte-t-il la morale ? La personne morale et qui souhaite le rester peut-elle seulement diriger ? La morale est-elle une chimère irrattrapable, une entrave au bien d'un plus grand nombre au détriment des autres, ou bien une valeur indéniable de bien ?

Ce serait tellement plus facile si je m'arrogeais le droit suprême de savoir ce qui est bon ou non... Quelles sont tes conclusions, à toi, Albérich ?
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Mer 22 Aoû - 13:51
Journal de Lucidà

La veille du débat pour la direction d'Odyssée


Je ne crois pas m'être sentie aussi angoissée depuis longtemps. Ce n'est pas comme la peur de la mort que j'ai affrontée à Alterac, ni la terreur indescriptible que m'a inspiré l'abîme, mais quelque chose qui serpente dans mes entrailles, me les comprime et m'empêche de fermer l’œil de la nuit. Et si j'avais tort ? Et si mes raisons n'étaient pas les bonnes ; si, en fait, je ne briguais pas la place suprême de dirigeante pour le peuple d'Odyssée, mais par orgueil ? Pour me prouver quelque chose à moi-même ?

Le soulagement que j'ai ressenti en apprenant le renoncement d'Eileen n'a pas tardé de se dissiper après l'irruption de Kalant dans cette course. Pour couronner le tout, il s'est amouraché d'elle, et je dois certainement paraître affreuse à ses yeux. Les rumeurs du renouement d'Eileen avec la nécromancie me sont aussi parvenues... et moi, sotte que je suis, je suis encore et toujours partagée ! Ah, oui, ce serait ô combien plus facile de la taxer d'épouvantable sorcière, de flétrisseuse, de parjure, et de la pointer du doigt en criant au loup ! Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir m'armer d'une assurance inébranlable et foncer droit devant en appliquant à la lettre une bête somme de valeurs inscrites dans ma chair !... Mais j'en suis incapable. Je veux y voir des raisons, je veux me figurer un raisonnement que je comprendrais et... et si je la comprenais ? Tout s'effondrerait ; les fondations deviendraient les faîtes, les combles deviendraient les caves et les fenêtres s'ouvriraient sur l'intérieur. Si je la comprenais, Vandermar s'imbriquerait dans Odyssée, le père reprocherait sa mort à sa fille et la fille décapiterait la mère... même si elle est au-delà de toute forme de pardon ou de rédemption. Alors, pourquoi en suis-je arrivée là ? Pour rejeter tout ce qu'est Eileen ? Pour me prouver que mon sang de comtesse de Lordaeron a un sens ? Ou pour préparer Odyssée à affronter le regard de l'abîme ?

Je suis allée trop loin pour abandonner ; quelles que soient mes motivations, il faut que j'aille au bout des choses. Et puis... il y avait de la sagesse dans ce que disait Adria : je dois y aller demain dans l'optique de m'élever grâce à nos échanges, de profiter de la contradiction entre nos visions mutuelles et d'en tirer des enseignements.

... Ce n'est pas comme si j'étais toute seule : Aegwynn, Forde, Eidre, Albérich... ils sont chers à mon cœur. Et si c'était bien pour eux que je me bats, finalement ?
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

le Ven 31 Aoû - 10:05
Lettre de Lucidà à Albèrich

Écrite plus de trois avant l'élection du nouveau dirigeant, une copie de chaque lettre étant conservée par Lucidà


La lettre est écrite avec la belle calligraphie propre à Lucidà, pétillante d'enjolivements et d'arabesques. Le sens premier de ses mots est assez banal à priori, mais c'est intentionnel : il suffit d'un bref moment à Albèrich pour les déchiffrer avec le code qu'il partage intimement avec la jeune sorcière.

Mon cher Albèrich,

Voilà quelques temps que je ne t'ai pas écrit ; que d'évènements ont déjà eu lieu depuis ! Quand je me pose un instant pour réfléchir et que je me lance dans une rétrospective de l'année écoulée, je prends conscience qu'Odyssée vit constamment sous le joug de quelques coups du sort apparemment fruits du hasard. Si j'étais superstitieuse, je croirais qu'une puissance mystérieuse et incompréhensible modèle nos destins dans le creux de sa main. D'ailleurs, je ne comprends pas ceux qui s'empêtrent avec ces théories ! Ne serait-ce pas terrifiant de s'oublier dans les mains d'une divinité et de la laisser dicter jusque nos pensées ? En tout cas c'est bien mieux ainsi : je me lasserais et je vieillirais trop vite s'il n'y avait pas un peu de remue-ménage pour bousculer notre quotidien.

Allons, trêve de bavardages, je tâcherai de ne pas être aussi prolifique qu'à mon habitude. Par où commencer ? Le bois de la pénombre, avec l'adoubement de madame Avian par l'esprit de Morgan Ladimore et la fin de la tyrannie qu'exerçait Morbent Fel sur la région ? Les récits exotiques sur les kal'dorei dont l'expédition en Teldrassil nous a régalés ? Des difficultés que connait la colonie, entre les agressions des totems-sinistres et les interrogations sur la dragonne Filianore ? Ou bien de notre implantation encourageante en Kalimdor ? En vérité, où que tu sois, je suis certaine que tu as déjà eu vent de tout ça, parce que je commence à te connaître et tu ne resterais jamais longtemps dans l'ignorance des grands courants qui animent Azeroth.

Il y a quelque chose qui nous inspire particulièrement ces temps-ci, un espoir qui enfle et se communique entre nos cœurs battants, comme un brasier sautant d'arbre en arbre et les changeant en torchères. Je sens que ça m'atteint moi aussi ; c'est une vague puissante qui ne demande qu'à déferler et à nous purger de la morosité qui nous ronge. Ce sentiment est d'autant plus prégnant depuis que madame Avian a été adoubée paladin. Aegwynn me tuerait si elle lisait ça ! Mais je partage l'avis de sa soeur : puisque la dirigeante est si perspicace et compétente, pourquoi nous embarrassons-nous à obtenir une majorité de voix pour décider de quelque chose ? Ce doit être à cause de ma naissance et de mon éducation que je ne parviens pas à raisonner comme eux. Je crois que c'est capital de se montrer à l'écoute, de faire preuve d'empathie et d'accepter la critique de ses décisions, cependant si j'étais madame Avian, je trancherais seule en mon âme et conscience.

Songer à ça me ramène à la promesse que je t'ai faite. Ce n'est pas parce que je n'en parle plus dans mes lettres que j'ai l'intention de me défiler. Je compte bien t'aider, mais je dois te concéder que je suis frustrée. Il y a en moi une pointe de jalousie à l'égard d'Aegwynn. C'est insensé, je ne devrais pas m'abaisser à de si méchantes pensées, mais parfois je laisse courir mon imagination et je l'envie ! Elle s'est si brillamment illustrée, mêlant avec talent magie arcanique et pugilat, empiétant sur les plate-bandes d'une dragonne, trouvant son âme-sœur et fondant une famille en l'espace de quelques mois à peine ! Je sais que je devrais être fière de ce que j'accomplis pour Odyssée, mais ça me paraît si piètre contribution en comparaison. Mes passions crient à ma raison qu'elles en veulent plus.

Je prends ceci pour dernier exemple. Maître Celiora s'est récemment manifesté à la colonie ; nous nous sommes confrontés à nouveau, Aegwynn et moi contre lui, mais c'était différent cette fois-ci. A un moment donné la discussion a entamé un virage. Aegwynn a changé de ton et elle est devenue comme... conciliante, compréhensive. Et puis Maître Celiora l'a encensée, et à moi, attendant bêtement sur le côté, il m'a seulement dit qu'il était "content de me revoir" : en cet instant j'étais heureuse qu'il me reconnaisse enfin et m'adresse des mots gentils, mais en même temps je me sentais si pathétique et sotte que j'aurais voulu tout renverser autour de moi !

Je me pose tant de questions : puis-je rester probe et juste auprès de mes contemporains tout en cheminant vers mes rêves ? Et si je venais un jour à m'affirmer, comment saurai-je éviter le pire aux moments clé ? Comment m'affirmer tout court sans passer pour une tyran ?

Un jour j'ai fait un terrible cauchemar dont je n'ai parlé à personne : j'étais dans les ruelles de Vandermar, le château me surplombait, auréolé de lumière au-dessus de la masse noire et informe qu'était la ville. Je courais, puis je grimpais, mais je me rendis compte à mi-chemin qu'un immense précipice me séparait du château. J'eus alors un effroyable pressentiment, et je me retournai : Aegwnn, Gauwainn, Claira, Madame Avian, Soap... tous me regardaient fixement, attendant quelque chose. J'entendis une voix familière qui me demanda "Les sacrifies-tu ?". Je restais abasourdie, je ne savais que dire, et la voix me torturait, répétant inlassablement : "Il le faut si tu veux renaître, si tu veux exaucer tes souhaits. Les sacrifies-tu ?". J'ai cru reconnaître l'ignoble nécromancien qui a trompé mon père. En me retournant vers notre château, je le vis - mon père - qui ouvrait les bras en grand comme pour m'accueillir et me dorloter contre lui. Je suis restée muette, je n'ai rien répondu, et la brume toxique de mes songes s'est dissipée. Mais que dois-je en penser ? Je n'ai pas eu la force de m'affirmer, je n'ai pas osé refuser de les sacrifier ! De quoi suis-je capable si je ne peux pas m'opposer à pareille horreur ? La seule certitude que j'ai aujourd'hui, c'est que je refuse d'être la jouvencelle écervelée dictée par ses passions que les gens me suspectent d'être.

Je me suis encore perdue en élucubrations égocentriques et je ne t'ai répondu à rien. Pardonne moi, mon cher Albèrich. S'il te plaît, écris moi la prochaine fois toi aussi sur tes états d'âme, tes voyages et tes découvertes, et tout ce qui te passe par la tête. Je serai pour toi, comme tu l'es pour moi, une épaule sur laquelle tu peux t'appuyer. Ensemble, nous nous soutiendrons et nous nous élèverons, j'en suis convaincue.

Tendrement et avec dévotion,

Lucidà

Ps : Comment ai-je pu l'oublier ? J'ai failli t'envoyer cette lettre sans te mentionner ceci : Lime m'a donné de plus amples détails sur l’ésotérisme, et bien qu'elle refuse d'être une professeur pour moi, je me suis attelée toute seule à la pratique. Ce n'est pas chose aisée lorsqu'on sort des académies du Kirin Tor où l'on guinde les esprits et les dépouille d'imagination, mais je me fais fort de réussir pleinement mes premières incantations avant ta réponse !
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Re: Lucidà Van Tarkil, sorcière de Dalaran

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