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Le conte de Son'Fang et Tsuyu

le Sam 4 Aoû - 18:58
A Odyssée, Oda était assis en tailleur, surélevé par un coussin posé sur une pierre. Devant lui se tenait un petit attroupement d'enfants qui raffolait des histoires du pandaren. L'ogre Tu'Pak, qui était tout aussi friand de ces contes, écoutait également, en retrait pour éviter d'effrayer les enfants.

Il était une fois, dans une vallée de Pandarie, un jeune esprit du feu, Son'Fang, qui n'arrivait pas à avoir d'ami... Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, mais dès qu'il s'approchait de quelqu'un, sa chaleur naturelle le chatouillait désagréablement. Les pandarens l'évitaient particulièrement, car leurs poils étaient trop combustibles, et Son'Fang aimait beaucoup les câlins. Le triste esprit du feu pleurait alors à longueur de journée, désespérant de trouver quelqu'un avec qui passer ses journées. Ses lamentations résonnaient dans toute la vallée, resserrant le cœur de ses habitants.

Un jour, alors que l'esprit du feu se lamentait près d'une rivière, il vit en amont une petite grenouille blessée défiler lentement le cour d'eau, incapable d'atteindre le moindre nénuphar. Son'Fang voulant l'aider, il tendit sa main pour la ramasser, se rappelant trop tard qu'il risquait de la brûler.

Il fut toutefois surpris de voir que la grenouille bondissait de joie dans le creux de sa main : en effet, au contact de l'esprit, sa blessure cautérisa, tandis que sa peau était trop humide pour que les flammes ne la dérangent. Mieux que cela, Son'Fang reçut une marque d'affection qu'il n'aurait jamais osé espéré : une petite léchouille sur sa joue. Là encore, la langue de la grenouille, ne fut nullement brûlée par l'esprit qui ne put s'empêcher de jubiler : il venait de trouver un ami !

- Comment t'appelles-tu ? Demanda Son'Fang.
- Je m'appelle Tsuyu. Merci de m'avoir sauvé ! Sans toi, je n'aurai probablement pas survécu...
- Qui t'a fait ça ? Demanda l'esprit du feu, soucieux de savoir l'identité de celui qui avait blessé son nouvel ami.
- Un seigneur mogu de la vallée voisine, du nom Nogaï. Il était agacé que je coasse sous sa fenêtre, c'est pour ça qu'il m'a lancé des pierres. Mais à présent, je n'ai plus d'endroit où aller, et cette rivière est trop froide à mon goût...
- Tu n'as qu'à venir chez moi ! Il fait chaud, mais ma caverne ne manque pas d'eau, tu y seras à ton aise !
- C'est vrai ?! Ce serait parfait, merci beaucoup !


Les deux nouveaux amis devinrent rapidement inséparables. Son'Fang affectionnait particulièrement les petites léchouilles au visage que lui faisait Tsuyu, qui le chatouillait et le faisait rire aux éclats à longueur de journée.
Si les habitants de la vallée n'écoutait qu'une mélopée accablante jusqu'ici, leurs oreilles étaient à présent emplies d'une chorale d'hilarité qui montait crescendo, au fur et à mesure que Tsuyu grandissait, si bien que leur concert s'entendait jusqu'à la vallée voisine. Même dans leurs moments les plus tristes, les habitants ne pouvaient s'empêcher de retrouver le sourire en entendant la mélodie des compères.

Toutefois, cette bonne humeur ne semblait pas au goût du cruel Nogaï, qui projetait déjà d'envahir la vallée. Toutefois, Nogaï était terrifié à l'idée de devoir affronter l'esprit du feu, qui l'habitait également. Mais tout calculateur qu'il était, il mit en place un plan pour l'éloigner.

Alors que Tsuyu était sortie de la caverne pour chercher quelques insectes à gober, Nogaï tendit un piège à la grenouille et la captura en prenant soin de lui fermer sa grande bouche pour qu'elle ne puisse appeler de l'aide. Tandis que son armée était prête à déferler sur la vallée, le seigneur mogu l'emmena alors au sommet d'une montagne abrupte avant de défaire les liens qui clôturaient sa bouche. Son'Fang mettrait un long moment pour parvenir à un endroit si isolé...

« Crie à présent ! Ordonna Nogaï à sa captive. Utilise cette grande bouche à quelque chose d'utile pour une fois ! Appelle Son'Fang pour qu'il vienne te sauver ! J'envahirai alors la vallée en son absence ! »

Mais Tsuyu garda sa bouche close, malgré les supplices que lui infligeait Nogaï, qui devenait de plus en plus furieux. Dans sa rage, le mogu saisit la grande langue de la grenouille d'une main alors que de l'autre, il saisit un couteau pour la lui trancher net.

« Je trouverai un autre moyen de conquérir cette vallée, mais au moins, je n'entendrai plus votre vacarme incessant à longueur de journée ! Beugla Nogaï en coupant la langue de Tsuyu. »

Alors que Tsuyu se tordait de douleur, la main qui tenait sa langue vira rapidement au rouge, avant de fondre complètement ! Il faut dire qu'à force de lécher les flammes de son ami, la langue était elle même devenue brûlante ! La grande grenouille profita que son geôlier lâchait prise pour bondir hors de son atteinte jusqu'à son ami.
Furieux, Nogaï usa de magie pour créer un manche au bout duquel il plaça la langue coupée et se servit de ce fouet pour faire taire toutes les moqueries qui s'élevaient dans son armée en voyant sa main perdue. La sévérité de Nogaï fut telle que ses soldats, lassés de ses coups, l'abandonnèrent, enterrant tous ses projets de conquête.

Hélas, Tsuyu ne pouvait plus raconter d'histoires drôles ou chatouiller Son'Fang sans sa langue. Elle ne pouvait même plus attraper d'insectes en plein vol pour se nourrir. La situation semblait désespérée pour les compagnons, pourtant, l'esprit du feu garda le sourire :

« Ne t'en fais pas,  je peux attraper les insectes avec mes mains, et je te nourrirai ! Rassura Son'Fang, qui s'attela tout de suite à la tâche. »

Alors que l'esprit joueur attrapait les insectes en plein vol, ceux-ci grillaient au contact de ses mains brûlantes. Son'Fang lançait alors les mets à Tsuyu qui découvrit une nouvelle palette de goût grâce à la cuisson de son ami.
La grenouille avait l'air tellement satisfaite lorsqu'elle mâchait les insectes qu'elle gonflait les joues de manière si amusante que Son'Fang se tordait de rire en la regardant, si bien que les gloussements enfantins de l'esprit du feu redoublèrent d'intensité dans la vallée...

Et c'est ainsi les enfants que sont nés tous ces délicieux plats à base d'insectes !

Les enfants se mirent alors à grimacer et rire devant la morale culinaire de cette histoire. L'ogre cuisinier, plus loin, après avoir pris le temps d'essuyer une grosse larme de rire, se mit à courir vers son fourneau, prêt à élargir le menu de sa crêperie.
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